Speed camera at the road side
Plus de 22 millions de véhicules ont encore été flashés en 2021. Parmi les 10 types de radars déployés sur les routes de France, le radar chantier est-il toujours celui qui prend le plus d’automobilistes en faute ? Les fameuses tourelles sont-elles à la hauteur de leurs ambitions ? Réponses…
Sachant qu’on dénombrait une moyenne de 4 300 dispositifs automatiques en service en 2021 (le parc en comptait précisément 4 224 le 1er janvier 2021, mais 4 388 le 31 décembre), cela signifie donc que chacun a flashé 5 135 fois dans l’année, soit 14 flashs par jour et par engin. Il s’agit d’une moyenne qui ne correspond évidemment pas du tout à la réalité, tant il existe de fabuleux écarts d’efficacité entre les différents types de radars, qu’ils soient fixes ou mobiles, traquant la vitesse ou les franchissements de feux rouges. Alors, parmi les dix types de matériels existants, lesquels sont les plus méchants et les moins sollicités ? Voyez leur palmarès 2021.
N°1 – L’indétrônable radar chantier

Depuis son entrée en service fin 2016, le radar chantier, autrement appelé autonome, est de loin celui qui cartonne le plus. L’an dernier, les 280 en service (ils étaient précisément 249 en début d’année, 312 à la fin) ont totalisé plus de 3,92 millions de contrôles positifs, soit une moyenne de 14 023 flashs par appareil. Même si c’est un tiers de moins que durant la faste année 2017 (près de 5 millions avec 239 appareils !), c’est quand même le double d’un radar classique et quatre fois mieux qu’une voiture-radar… Pas étonnant que pour palier la baisse des recettes, les autorités aient décidé de porter le parc des autonomes à 600 unités avant la fin 2023. A ce rythme, le nombre de flashs émis par ces redoutables engins dépasserait les 8 millions par an ! Jackpot assuré.
N°2 – Le valeureux radar classique

Le nombre d’antiques boîtes grises, dont trois générations subsistent au bord des routes, diminue année après année. Alors qu’on en comptait plus de deux mille il y a dix ans, il n’en reste plus que la moitié, toutes celles gravement vandalisées ayant été remplacées par des tourelles. C’est donc une réelle surprise de constater que les vieux radars classiques rentent n°2 en termes d’efficacité ! Les quelque 978 en service (1 045 en début d’année, 912 à la fin) ont enregistré plus de 7,5 millions d’infractions. Cela fait donc une moyenne de 7 692 flashs par cabine. C’est mieux qu’en 2017 (6 191)…
N°3 – Les décevants radars tourelles

Il avait fallu attendre le bilan 2020 de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) pour découvrir l’efficacité somme toute moyenne des tourelles déployées depuis plus de dix-huit mois, présentées alors comme le nec plus ultra des radars, avec 4 715 flashs par cabine. Simple question de mise en route ? Pas vraiment, car en 2021, les 846 tourelles (754 en début d’année, 938 à la fin) ont crépité 4,72 millions de fois. Cela donne une moyenne de 5 582 flashs par cabine. Ça progresse, mais reste donc bien en-deçà des vieilles boîtes grises. Désormais plus piégeuses, puisqu’une partie sont alternativement des leurres (1000 actives à ce jour pour 1500 cabines), leur bilan devrait s’améliorer à l’avenir.
N°4 – Baroud d’honneur pour les radars tronçons

Pour une surprise, c’en est une. Alors que ces dispositifs, également appelés radars de vitesse moyenne, sont en fin de carrière (la moitié sont en cours de démontage actuellement), l’ONISR leur attribue un bilan canon en 2021. Pour la dernière année pleine de la centaine d’appareils installés depuis l’origine (en 2012), leur bilan fait état de 492.894 excès de vitesse moyenne relevés… soit +140% par rapport à 2020 ! Cela fait 5 030 contrôles positifs par site en 2021, contre une moyenne de 3 500 à 4 000 les bonnes années !
N°5 – Les radars discriminants revisités

Ces cabines cylindriques noires se démarquent depuis l’origine par leur capacité à faire la distinction entre voitures et poids lourds afin de tenir compte de leurs limitations de vitesse respectives. De plus, l’intégralité du parc est en voie de modernisation totale, avec l’ajout d’un lidar 3D (laser à balayage en trois dimensions) et de la fonction double face afin de flasher de face et de dos le véhicule en faute. L’intérêt ? Photographier tant la plaque d’une moto que le visage d’un chauffeur poids lourd dont l’immatriculation de la remorque diffère de celle du tracteur. Malgré tout, avec 1,93 millions de messages d’infraction pour chacun des 437 engins discriminants (428 en début d’année, 446 en fin), cela ne fait encore que 4 414 flashs par cabine.
N°6 – Les voitures-radars en progrès

Même si de plus en plus de voitures-radars sont confiées à des prestataires privés, leurs performances ne s’améliorent que doucement. En 2021, le nombre de ces véhicules équipés d’un radar mobile a progressé, repassant de 404 à 472, sachant que le programme de leur transfert du public au privé dans huit des douze régions métropolitaines a pris un an de retard. Quoi qu’il en soit, avec moins de 1,5 million d’infractions relevées, le bilan moyen est de 3 350 par auto. C’est la première fois que la barre des 3 000 est dépassée, mais à peine mieux que les antiques hiboux pourtant peu utilisés !
N°7 – Les tout aussi valeureux hiboux

Ils résistent, les radars embarqués/débarquables, surnommés hiboux, utilisés exclusivement par les forces de l’ordre et à l’arrêt. A nombre constant, les 501 en service ont flashé 1,42 million de fois l’an dernier, soit 2 612 par voiture. C’est un poil mieux qu’en 2020, mais loin des années fastes (4 487 en 2017), signe que les forces de l’ordre ont probablement d’autres chats à fouetter.
N°8 – Les radars feux rouges

Ça commence à sentir la fin pour ces vieux dispositifs de contrôle de franchissement, peu à peu remplacés par des tourelles, et prochainement par le tout nouveau radar urbain qui ne va plus tarder à entrer en service. En 2021, les 600 radars feux rouges encore utilisés (628 en début d’année, 574 à la fin) ont enregistré 598 375 feux rouges grillés, soit 996 par appareil (contre 1 400 en 2017)… Pourtant, c’est trois fois mieux que les premières tourelles de feux (voir ci-dessous) !
N°9 – Les radars tourelles de feux

Bizarre, bizarre, les tourelles contrôlant le respect des feux rouges, tant aux carrefours routiers qu’aux passages à niveau, n’ont enregistré que 16 261 infractions. A raison de 52 en service (40 en début d’année, 65 à la fin), cela ne fait qu’une moyenne de 312 flashs par cabine. Mais attention, les tourelles sont en principe capables de repérer en parallèle les excès de vitesse.
N°10 – Les radars de passage à niveau

Ce dispositif en fin de vie aura décidément bâti sa carrière sur la dissuasion plutôt que sur la sanction. En effet, les 73 radars dits de passage à niveau n’ont surpris que 18 318 automobilistes forçant le passage, soit 251 par dispositif. C’est heureusement peu en soi, mais toujours trop au regard de la gravité de l’infraction. Ce dispositif va également être remplacé par des tourelles et des radars urbains.
This article is originally published by largus.fr
