Après quatre annulations successives, le salon de Genève doit faire son retour en 2024, du 26 février au 3 mars. Ses organisateurs tablent sur une durée et une surface réduites pour attirer de nouveau constructeurs et visiteurs.
Le salon de Genève 2023, qui devait se tenir en février prochain, fut annulé en août dernier tout juste quatre mois après avoir été annoncé. Cette annulation, justifiée par les organisateurs par un contexte délicat pour l’industrie automobile en Europe (pandémie, guerre en Ukraine, inflation, pénuries…), fut la quatrième consécutive pour ce qui était jusqu’en 2019 le salon automobile le plus prestigieux du Vieux Continent. La fondation du Comité permanent du Salon international de l’automobile, organisatrice du GIMS (Geneva International Motor Show), annonce le retour de l’événement suisse dans un peu plus d’un an. Le prochain salon Genève aura lieu du 26 février au 3 mars 2024.

Un commerce derrière la vitrine
La durée du salon de Genève sera donc ramenée à sept jours, contre onze lors de sa dernière édition. Il faut dire que la situation ne s’est pas beaucoup améliorée en Europe au cours des derniers mois et que le dernier Mondial de Paris a peiné à atteindre un objectif de fréquentation pourtant bien plus modeste que les années précédentes, preuve que ces événements ne connaissent pas le regain d’intérêt espéré. Les organisateurs du GIMS veulent convaincre les constructeurs que les salons sont toujours pertinents, en s’inspirant notamment de la bonne dynamique de ceux qui s’inscrivent dans une orientation commerciale forte comme celui de Bruxelles. Sandro Mesquita, directeur général du salon, explique :
“Les marques ont changé leur approche et veulent maintenant un retour du commercial. Mais les clients se renseignent d’abord sur Internet et le passage en point de vente peut être un moment de stress. Le salon peut se placer entre les deux, plus convivial, plus divertissant, avec moins de pression commerciale, comme un centre d’expérience de marque.”
« Nous avons toujours l’ambition d’être un salon international », précise néanmoins le responsable. Le salon de Genève a toujours vocation accueillir la présentation de nouveaux véhicules en première mondiale. Quant à savoir s’il récupérera l’élection de la Voiture de l’Année, dont le salon de Bruxelles hérita pour 2023, cela reste à déterminer.

Le salon de la dernière chance ?
La fondation est consciente que le retour du salon de Genève est un pari. Sandro Mesquita détaille : « Nous avons reçu des signaux positifs, mais des signaux ne sont pas des contrats. Nous prenons un risque. La Suisse n’est pas un pays de constructeurs automobiles donc nous n’avons pas de marques nationales derrière nous. Nous sommes conscients que certaines marques perçoivent les salons comme des outils du passé. »
Les salons doivent reconquérir les marques. Ils sont faits pour elles. Si les marques n’en veulent pas, les salons disparaîtront.
La surface du salon ramenée à environ 60 000 m² pour 2024 (contre 106 000 m² en 2019) et les prix attractifs pour les exposants (110 CHF/m²) ont vocation à séduire ces derniers pour faire du salon de Genève 2024 un événement ramassé mais riche. Aucun objectif de fréquentation n’a encore été annoncé ; il sera bien plus modeste que les 602 000 visiteurs de l’édition 2019. Sandro Mesquita reconnaît que la réussite de l’édition 2024 sera cruciale pour l’avenir du salon de Genève, dont la périodicité pourrait changer. L’idée de ne l’organiser que tous les deux ans à l’avenir n’est pas exclue. Avant son retour à Genève, le GIMS se délocalisera au Qatar. Le (pas si) bien nommé GIMS Qatar, présenté comme un événement bisannuel complémentaire du salon de Genève, aura lieu pour la première fois du 5 au 14 octobre à Doha.

