Quelques jours après la réorganisation de leur alliance, Renault et Nissan préparent déjà le premier chantier de leur nouvel avenir en commun : ce sera l’Inde. Nissan souhaite notamment bénéficier du savoir-faire de Renault sur les pays émergents.
C’est une nouvelle qui avait agité la sphère automobile en ce début de semaine. Renault et Nissan ont trouvé un accord pour réorganiser stratégiquement leur alliance. Créée en 1999 quand Nissan était en grandes difficultés, elle avait porté la participation à 43% du capital de Nissan. Le Japonais possédait en contrepartie 15% du Français. Après plusieurs années de doutes et de crises de méfiance mutuelles (matérialisée par l’affaire Carlos Ghosn en 2018), les deux partenaires avaient finalement trouvé un accord. Renault abaissera sa participation dans Nissan à 15%, pour rééquilibrer les forces et les décisions au sein de l’alliance. À peine cette décision entérinée, les deux constructeurs seraient déjà en train d’organiser leur avenir en commun sur l’un des marchés automobiles les plus florissants : l’Inde.
En Amérique du Sud, la Renault Clio II était ainsi devenue Nissan Platina, la Logan Pick-up Nissan NP200. Mieux, en Russie c’est le Renault Duster qui était devenu Nissan Terrano, et la Logan Nissan Almera ! Renault commercialisait en Inde pendant un temps une Nissan Micra rebadgée : la Pulse. Pour marque japonaise, il s’agirait de flirter avec le succès qu’a Renault dans les pays en voie de développement.
Un nouveau départ en Inde
Il serait, dans la même veine, question de rebadger le Duster et le Triber en modèles Nissan. Pour mieux lutter contre Tata, et préparer l’offensive électrique de Maruti-Suzuki (leader avec plus de 45% de part de marché), Renault souhaiterait rendre sa petite Kwid électrique. Nissan pourrait aussi en profiter dans la manœuvre. Cette solution provisoire permettrait de rendre l’alliance plus compétitive en Inde (3% de part de marché aujourd’hui), pour lui permettre de lancer une nouvelle génération de modèles dédiés. Second marché automobile du monde derrière la Chine, l’Inde est le pays qui enregistre la plus forte croissance.
En 2022, les ventes ont bondi de 23% à 4,4 millions de voitures ! Renault et Nissan ne sont pas si mal lotis dans le pays, où ils ont inauguré en 2010 une usine commune à Chennai. Celle-ci est détenue à 70% par Nissan, alors que le Japonais connaît un succès moindre par rapport à Renault (35 000 voitures en 2022 contre 87 000 Renault). Après l’échec de Renault en Chine, cette nouvelle page qui s’écrit en Inde pourrait réconcilier les deux constructeurs, après 25 ans de quelques idylles, et beaucoup de tourments.
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